Partant de mon devoir éthique et académique en tant que chercheur, j'ai trouvé nécessaire de mettre en lumière ce sujet d'une importance capitale. Depuis le début de la révolution de l'intelligence artificielle, qui pourrait représenter un tournant positif si elle est bien utilisée, j'ai développé de sérieuses inquiétudes concernant les mécanismes de publication scientifique et les méthodes d'évaluation des recherches.
Ma carrière de publication a commencé en 2009, et j'ai réussi à publier plus de 130 articles dans des revues scientifiques de renom, le dernier étant un article de six pages que j'ai récemment envoyé à l'une des revues internationales. Cependant, j'ai été surpris de recevoir un rapport d'évaluation scientifique contenant un fichier avec 60 questions formulées en très peu de temps, ce qui a suscité mes doutes quant à la dépendance de l'évaluation à un degré élevé sur les outils d'intelligence artificielle.
L'intelligence artificielle est désormais fortement présente dans divers domaines de la vie : dans l'éducation, le travail, et même dans le divertissement. Personne ne conteste qu'elle a grandement facilité de nombreuses tâches, mais une dépendance excessive à son égard menace de figer les esprits et d'arrêter la production autonome. L'étudiant qui se repose sur des réponses toutes faites au lieu de rechercher et d'analyser, ou l'écrivain qui attend de l'algorithme qu'il génère des idées au lieu d'investir ses énergies créatives, cela engendre
chez eux une faiblesse de la mémoire et de la rétention d'informations, car tout est disponible à la demande.
Ce confort se fait au détriment de notre mémoire de travail et à long terme, la mémoire n'est pas simplement un dépôt, mais un système vivant lié à la pensée et à la compréhension. La négliger conduit à un esprit moins flexible et moins capable de créer de nouveaux liens cognitifs, et entraîne également l'érosion des compétences de recherche et de découverte, ainsi que du sentiment d'accomplissement lorsqu'on trouve une information précieuse après des heures de recherche dans les bibliothèques ou de navigation approfondie sur Internet, car ce parcours enrichissait la connaissance et construisait des compétences de liaison entre les concepts, alors qu'aujourd'hui, il a été réduit à une simple requête.
La dépendance à l'intelligence artificielle pour la recherche et le résumé nous prive du plaisir de la découverte fortuite, de la formation d'une compréhension plus large du contexte, et de la construction de la connaissance de manière organique.
Le "gel des esprits" n'est plus une simple métaphore littéraire mais est devenu un phénomène tangible résultant de notre confiance absolue dans la machine ; ce qui conduit à l'affaiblissement des compétences cognitives fondamentales que l'humanité a développées au fil des siècles.
De là, le véritable danger ne réside pas dans la puissance de l'intelligence artificielle elle-même, mais dans la faiblesse de l'homme face à elle et son abandon de ses capacités naturelles de recherche et de créativité, c'est pourquoi nous devons établir une relation complémentaire avec cette technologie.
En conclusion, nous devons faire de l'intelligence artificielle un outil qui nous aide et non un substitut à nos esprits, nous devons entraîner nous-mêmes et nos enfants à la pensée critique et à la créativité, et faire de la technologie un moyen qui soutient nos capacités plutôt que de les affaiblir, sinon nous risquons de trouver une génération dépourvue de capacités intellectuelles, menaçant notre avenir avec le risque de la maladie d'Alzheimer précoce.